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Spectacle Shell Shock et rencontre

Jeudi 23 mars, les deux classes de Première du lycée général se sont rendus dans la magnifique salle rénovée de la Halle ô grains, pour découvrir le spectacle Shell Shock et rencontrer le reporter Jean-Paul Mari.

Le spectacle
Le titre Shell Shock renvoie au traumatisme lié à une situation de guerre.
Une photoreporter vient de rentrer de Bagdad et a retrouvé sa fille Samara.
Mais comment reprendre sa vie quotidienne alors que la guerre, ses bruits, ses odeurs, ses ruines, vous reviennent sans cesse à l’esprit ? Peu à peu le spectateur comprend que cette fois la photoreporter n’a pas seulement immortalisé par la photo certaines scènes. Un moment particulier s’est imprimé à jamais dans sa rétine, faisant se superposer les lieux et les époques, ici et là-bas, présent et passé proche.
Le jeu de la comédienne, le texte, les décors rendent bien compte de ce que peut ressentir une personne ayant subi un choc traumatique. Le spectateur en ressort sonné, hébété.

La rencontre
Jean Paul Mari a très bien su expliquer aux lycéens ce qu’est une situation de guerre (bien loin des clichés véhiculés par les films)
Le monde du jour, c’est un monde clair, où les gens peuvent marcher dans la rue. Dehors on voit des maisons, des feux qui passent du rouge au vert. Les amoureux peuvent s’asseoir sur un banc. On fait des projets. Ce n’est pas un paradis et chacun peut avoir ses problèmes, mais le quotidien est assez routinier et on sait à peu près ce que sera demain. C’est le monde du jour, c’est la paix. Et ceux qui vivent dans ces endroits-là croient que le monde entier est comme ça. Ils ne voient le monde que d’un seul œil.
Le monde de la nuit, c’est un monde où on court parce qu’on a peur. Dehors on voit des ruines, il n’y a plus de feux qui fonctionnent, Il y a sûrement des amoureux mais on ne peut les voir dans la rue et encore faut-il que les deux survivent. On fait difficilement des projets parce qu’on ne sait pas si on sera encore vivant tout à l’heure ou demain. C’est le monde de la nuit, c’est la guerre. Et ceux qui vivent dans ces endroits-là croient que le monde entier est comme ça. Ils ne voient le monde que d’un seul œil, l’autre.
Il est bon qu’on ouvre les deux yeux. Qu’on sache ce qui se passe dans le monde, pas seulement dans notre monde de jour, mais aussi dans celui de la nuit. Qu’on sache aussi les difficultés rencontrées par ceux qui vont chercher l’information pour nous ouvrir les yeux. C’est ce qu’incite à faire un reporter, c’est ce qu’incite à faire Annabelle Sergent avec son spectacle.
 
Jean-Paul Mari s’appuie sur de nombreux exemples personnels mais aussi sur de nombreuses références culturelles (Le cri de Munch, Ulysse, Descartes, Montaigne, Primo Lévy) pour expliquer notre rapport à l’autre ainsi que ce qu’est un traumatisme.
 
Annabelle Sergent a expliqué l’origine du spectacle, le fait que la distance entre spectacle et réel se soit amenuisé avec les attentats de 2015 qui faisaient étrangement écho au contenu du spectacle qu’elle jouait à l’époque (le joueur de flûte de Hamelin > l’invasion des rats symbole de l’invasion de la violence et de la destruction)
> envie de faire un spectacle sur le réel. Le projet a évolué. Souhait de montrer la difficulté à surmonter le traumatisme après avoir vécu des situations de guerre.

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